Construction bas-carbone : qu’est-ce que ça veut dire concrètement, et chez Holzeo ?
Le bâtiment représente près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre en France. Construire bas-carbone, ce n’est plus un argument marketing : c’est devenu la nouvelle norme réglementaire avec la RE2020, et ses seuils vont se durcir trois fois d’ici 2031. Voici ce que ça veut dire vraiment – sans jargon – et ce que ça change concrètement chez nous, à Holzeo.
« Bas-carbone. » Le mot s’affiche partout : sur les plaquettes des promoteurs, dans les discours politiques, sur les sites des constructeurs. Tellement partout qu’il finit par ne plus rien vouloir dire pour ceux qui le lisent.
Et pourtant, derrière ce mot, il y a une réalité très précise. Une réglementation – la RE2020 – qui mesure l’empreinte carbone d’un bâtiment sur 50 ans. Des seuils chiffrés qui se durcissent en 2025, en 2028 puis en 2031. Et des choix de matériaux qui font qu’un même appartement peut émettre deux fois plus ou deux fois moins de CO2 que son voisin.
Cet article vous explique ce que ça veut dire concrètement de construire bas-carbone : la définition réelle, les chiffres réglementaires, la méthode de calcul, les leviers techniques et – surtout – ce que nous, Holzeo, faisons réellement sur nos chantiers en Haute-Savoie pour mériter ce mot.
Bas-carbone : une définition à clarifier avant tout
Le terme est devenu tellement courant qu’on en oublie sa définition exacte. Pourtant, elle est précise et opposable. D’après l’association BBCA qui structure ce sujet en France depuis 2014, un bâtiment bas-carbone, c’est un bâtiment dont l’empreinte carbone a été optimisée sur l’intégralité de son cycle de vie – de l’extraction des matières premières à sa déconstruction, en passant par sa phase d’exploitation.
Trois mots clés dans cette phrase :
- Empreinte carbone – l’unité de mesure : les kilos d’équivalent CO2 (kg CO2 eq) émis. Pas une consommation d’énergie, pas un score abstrait, mais bien une masse de gaz à effet de serre.
- Optimisée – et non « minimale » ou « neutre ». On ne supprime pas les émissions, on les réduit autant que possible et on les met en regard des bénéfices.
- Cycle de vie – tout, de la forêt qui produit le bois jusqu’à la benne de chantier qui démolit l’immeuble. C’est ce qu’on appelle l’analyse de cycle de vie, ou ACV.
Les 4 piliers du label BBCA
Le label Bâtiment Bas Carbone (BBCA) évalue les projets sur quatre piliers complémentaires – et c’est une grille de lecture qui aide à comprendre concrètement ce qu’on attend d’un bâtiment bas-carbone :
- Construction – les émissions liées aux matériaux et au chantier (production, transport, mise en œuvre)
- Exploitation – les émissions liées à l’usage du bâtiment sur 50 ans (chauffage, climatisation, eau chaude)
- Stockage carbone – le CO2 séquestré dans les matériaux biosourcés comme le bois, qui agit comme une « réserve » de carbone
- Économie circulaire – la capacité à réutiliser, recycler ou déconstruire en fin de vie
Un projet ne peut être qualifié de « bas-carbone » que s’il joue sur les quatre tableaux. Optimiser l’isolation sans interroger l’origine des matériaux, c’est rater trois piliers sur quatre.
À ne pas confondre avec « écologique » ou « BBC »
« Bas-carbone » mesure une chose précise : les émissions de gaz à effet de serre. Un bâtiment peut être très isolé et très peu énergivore (label BBC, RT2012) tout en étant fortement carboné à cause de sa structure béton. Inversement, un bâtiment moins performant énergétiquement mais construit en bois local peut être bien plus bas-carbone. Ce sont deux indicateurs différents qu’il faut savoir lire séparément.
Le contexte réglementaire : la RE2020 et ses seuils carbone
Depuis le 1er janvier 2022, la Réglementation Environnementale 2020 remplace la RT2012. Elle introduit pour la première fois en France une exigence chiffrée sur l’empreinte carbone des bâtiments neufs – en plus des exigences énergétiques classiques.
Cette réglementation poursuit trois objectifs simples : améliorer la performance énergétique, réduire l’impact carbone et garantir le confort en été. Le tout pour atteindre la neutralité carbone du parc bâti en 2050, conformément à la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) française.
Les seuils carbone : un calendrier qui se durcit jusqu’en 2031
Calendrier réglementaire
Le seuil RE2020 baisse tous les 3 ans
Seuil Ic construction maximal autorisé pour les logements collectifs neufs, en kg CO2 eq/m² SHAB.
La RE2020 fonctionne par paliers. À chaque échéance, les seuils maximums d’émission carbone (l’indicateur Ic construction, exprimé en kg CO2 eq/m²) baissent :
| Année | Évolution du seuil Ic construction | Conséquence concrète |
|---|---|---|
| 2022 | Seuil de référence initial | Le béton tradi reste possible mais avec optimisations |
| 2025 | Baisse d’environ -12 % | Le béton bas-carbone et les matériaux biosourcés deviennent indispensables |
| 2028 | Baisse d’environ -25 % | L’utilisation massive du bois et des biosourcés devient la norme |
| 2031 | Baisse d’environ -30 à -40 % | Les structures bois deviennent quasi incontournables sur certaines typologies |
Ces paliers ne sont pas anecdotiques : selon l’Ordre des architectes, ils correspondent à une trajectoire de décarbonation alignée avec les objectifs européens du Pacte Vert.
L’extension RE2020 de 2026 : le tertiaire et l’industriel
Le décret n° 2026-16 du 15 janvier 2026, applicable aux permis de construire déposés à partir du 1er mai 2026, étend la RE2020 à 13 nouvelles catégories de bâtiments tertiaires et industriels. Concrètement, après le logement (2022) et les bureaux/enseignement (2023), ce sont désormais les commerces, les hôtels, les bâtiments d’industrie ou de loisirs qui basculent dans le régime bas-carbone.
La quasi-totalité de la construction neuve française est maintenant soumise à des exigences carbone chiffrées. Ce n’est plus un sujet de niche ni un « plus » optionnel.
Comment on calcule l’empreinte carbone d’un bâtiment ?
Pour comprendre ce qu’est un bâtiment bas-carbone, il faut comprendre comment on compte. La méthode officielle s’appelle l’analyse de cycle de vie (ACV) et elle est encadrée par les règles méthodologiques du Cerema.
Une période de 50 ans, divisée en 4 phases
L’ACV simule la vie complète d’un bâtiment sur 50 ans, durée conventionnelle retenue par la RE2020. On découpe cette durée en quatre phases, et chacune fait l’objet d’un calcul carbone spécifique :
- Production des matériaux – extraction, transformation, transport jusqu’au chantier. C’est la phase qui pèse le plus pour les bâtiments en béton, et la plus faible pour ceux en bois local.
- Construction – mise en œuvre sur le chantier (engins, électricité, déchets). Les structures préfabriquées en atelier réduisent ce poste de manière significative.
- Exploitation – chauffage, climatisation, eau chaude, électricité spécifique. C’est ici que joue l’isolation, l’orientation, le mode de chauffage. Cette phase est calculée sur 50 ans.
- Fin de vie – déconstruction, traitement des déchets, recyclage. Un bâtiment conçu pour être démontable génère beaucoup moins d’émissions à cette étape.
Pourquoi le bois change tout : le stockage carbone
Le bois – et plus largement les matériaux biosourcés – introduit une notion qui n’existe pour aucun autre matériau de structure : le stockage carbone. Un arbre absorbe du CO2 atmosphérique pendant sa croissance via la photosynthèse. Quand on transforme cet arbre en mur ossature bois ou en poutre lamellée-collée pour construire un bâtiment, ce CO2 reste piégé dans la matière pendant toute la durée de vie du bâtiment.
Ordre de grandeur : 1 m³ de bois utilisé en structure stocke environ 0,9 à 1 tonne de CO2 selon l’essence et la densité. Sur un immeuble entier en structure bois, on parle de plusieurs centaines de tonnes de CO2 retirées de l’atmosphère et stockées pour 50 à 100 ans. Aucun matériau minéral ne fait ça.
Le calcul qui change tout
Sur un même immeuble de logements, la méthode de calcul donne typiquement les ordres de grandeur suivants : structure béton armé classique = 800 à 1 000 kg CO2/m² SHAB. Structure ossature bois avec biosourcés = 350 à 500 kg CO2/m² SHAB. Avant même de parler d’isolation ou de chauffage, on a déjà divisé par deux l’empreinte carbone. C’est ce facteur 2 qui fait du bois le matériau-clé de la trajectoire RE2020 vers 2031.
Empreinte carbone construction
Le facteur 2 du bois
Indicateur Ic construction RE2020 sur un immeuble collectif type, en kg CO2 eq/m² SHAB. Plus la barre est courte, plus le bâtiment est bas-carbone.
Les leviers concrets d’une construction bas-carbone
Plusieurs leviers se combinent pour construire bas-carbone. Aucun ne suffit seul – c’est leur cumul qui fait passer un bâtiment de « RE2020 minimum » à « vraiment bas-carbone ».
1. Les matériaux biosourcés en structure et isolation
C’est le levier le plus puissant, parce qu’il joue à la fois sur les phases production et stockage carbone. Les matériaux concernés :
- Ossature bois et bois massif – structure porteuse (planchers, murs, toitures) – issu de forêts françaises et européennes gérées durablement
- Bois lamellé-collé – poutres de grande portée, charpentes
- Fibre de bois – isolation thermique en panneaux ou en vrac
- Ouate de cellulose – isolation thermique soufflée, fabriquée à partir de papier recyclé
- Chanvre, paille, lin, liège – isolations alternatives, performantes en confort d’été
- Laine de mouton, coton recyclé – isolations spécifiques sur certains projets
2. Les matériaux minéraux bas-carbone
Quand le minéral reste nécessaire (fondations, certains planchers), il existe des alternatives à empreinte réduite :
- Béton bas-carbone – clinkers réduits, ajouts de laitiers ou cendres volantes – jusqu’à -50 % d’émissions vs un béton classique
- Béton recyclé – granulats issus de bétons de démolition
- Terre crue – pour cloisons ou enduits, levier intéressant en confort d’été et en stockage humidité
3. La conception bioclimatique
Le meilleur kilo de CO2 est celui qu’on n’émet pas. Une conception qui exploite l’orientation, la masse thermique et la ventilation naturelle réduit drastiquement les besoins en chauffage et climatisation – donc l’empreinte exploitation sur 50 ans. Concrètement : baies vitrées au sud, protection solaire l’été, masse thermique inertielle dans les zones de vie, ventilation traversante sur les pièces traversantes.
4. L’énergie en exploitation
Le mode de chauffage compte énormément sur 50 ans. Les pompes à chaleur, le réseau de chaleur urbain alimenté en biomasse, le solaire thermique pour l’eau chaude sanitaire – autant de leviers qui font basculer la phase exploitation côté bas-carbone. À l’inverse, un chauffage au gaz fossile pénalise lourdement le calcul RE2020.
5. L’économie circulaire et la déconstructibilité
Penser dès la conception à la fin de vie : éviter les colles incompatibles, privilégier les assemblages mécaniques visssés/boulonnés, choisir des matériaux mono-composants facilement triables. Un bâtiment conçu pour être démonté plutôt que démoli génère 50 à 70 % moins d’émissions en fin de vie.
Le bois : l’allié naturel du bas-carbone
Le bois n’est pas le seul matériau bas-carbone, mais c’est celui qui combine le plus de bénéfices simultanément : faible énergie de transformation, stockage carbone, ressource renouvelable, mise en œuvre rapide, déconstructibilité, qualité d’usage.
Bois local et filière courte : pourquoi ça compte
Le carbone d’un matériau, c’est aussi son carbone de transport. Un bois venu d’Europe centrale ou du Canada perd une part de son avantage carbone à cause des émissions logistiques. À l’inverse, du bois français – en particulier du bois alpin issu des massifs proches du chantier – cumule :
- Une distance de transport courte (parfois moins de 200 km)
- Une traçabilité forte via les certifications PEFC ou FSC
- Un soutien direct à l’économie locale et à la gestion durable des forêts françaises
Le CODIFAB et France Bois Forêt publient régulièrement les chiffres : la forêt française stocke chaque année environ 70 millions de tonnes de CO2 net, et chaque mètre cube de bois utilisé dans la construction prolonge ce stockage.
Ossature bois et lamellé-collé : la palette structurelle
Pour bâtir un immeuble en bois, deux solutions complémentaires se combinent sur la quasi-totalité des projets. L’ossature bois sert à composer les murs porteurs et planchers : des montants verticaux en bois massif, espacés de 40 à 60 cm, prennent en sandwich une isolation biosourcée et reçoivent un voile travaillant. Le tout est préfabriqué en atelier et arrive sur le chantier en panneaux complets, prêts à poser. Le bois lamellé-collé, lui, prend le relais sur les pièces qui demandent de la portée : poutres, charpentes, ossatures de toitures. Plusieurs lamelles de bois massif sont collées dans le sens du fil pour obtenir des sections homogènes capables de franchir 15 mètres et plus sans appui intermédiaire.
Les avantages structurels de cette palette bois :
- Résistance au feu – le bois carbonise de manière prévisible (0,7 mm/min) et atteint des classements REI 60 à REI 120 grâce au dimensionnement de la section et à un traitement de surface adapté
- Performance acoustique – associée à des planchers techniques avec chape sèche et laine biosourcée, on dépasse facilement les exigences réglementaires de la NRA
- Préfabrication en atelier – chantier propre, plus rapide, moins de bruit pour le voisinage, moins de déchets
- Précision millimétrique – réservations électricité, plomberie et ouvertures sont intégrées en usine, tolérances très réduites
Bois et résistance au feu : un préjugé qui tombe
Beaucoup imaginent qu’une structure bois brûle plus vite qu’une structure béton. La réalité technique est inverse : le bois carbonise à vitesse prévisible (0,7 mm/minute) et la couche de charbon protège le cœur du panneau, qui conserve sa portance pendant 60 à 120 minutes. À l’opposé, l’acier perd 50 % de sa résistance en 18 minutes de feu sans protection. C’est ce qu’on développe en détail dans notre article sur la résistance au feu du bois.
Bas-carbone chez Holzeo : ce que ça veut dire concrètement
Maintenant qu’on a posé la définition, les chiffres et les leviers, voici ce que ça veut dire chez nous, sur nos chantiers. Pas du marketing, mais des choix techniques précis qui se traduisent par des chiffres bas-carbone vérifiables.
Tous nos programmes en structure bois
Holzeo construit exclusivement en ossature bois et lamellé-collé. Pas de béton armé en superstructure – uniquement en fondations et radiers, là où c’est techniquement nécessaire. Tous nos murs porteurs et planchers sont en ossature bois préfabriquée, et nos charpentes sont en lamellé-collé, issus de filières européennes certifiées PEFC.
Sur un programme typique de logements collectifs, ça représente :
- 250 à 400 m³ de bois en structure selon la taille du programme
- Soit 220 à 360 tonnes de CO2 stockées dans le bâtiment lui-même
- Une réduction de 40 à 50 % de l’empreinte carbone « construction » par rapport à un équivalent béton armé
Préfabrication en atelier et chantier sec
Nos modules ossature bois et nos charpentes lamellées-collées sont préfabriqués en atelier avec une précision millimétrique. Sur le chantier, l’assemblage prend quelques semaines au lieu de plusieurs mois pour un équivalent béton. Les bénéfices carbone sont multiples : moins d’engins, moins de déchets de chantier, pas de rotation de toupies béton, pas de séchage long.
Isolation biosourcée et DPE A garanti
Nos isolants sont majoritairement biosourcés : fibre de bois en panneaux pour l’isolation extérieure, ouate de cellulose en flocages dans les caissons, parfois de la laine de bois pour les combles. Combiné à la structure bois et à des menuiseries triple vitrage à rupture de pont thermique, on atteint systématiquement le DPE A sur nos logements neufs – ce qui sécurise leur valeur patrimoniale dans la durée.
Exemples concrets sur nos programmes en cours
Les principes ci-dessus s’incarnent dans nos projets. Quelques exemples actuels :
- Saint-Cergues – programme de logements neufs à 20 minutes de Genève, ossature bois intégrale, environ 180 tonnes de CO2 stockées
- Investissement Saint-Cergues – programme conçu pour le locatif frontalier, DPE A garanti, LMNP au réel possible
- Présilly et Neydens – projets en développement sur les coteaux genevois, mêmes principes constructifs
Nous sommes également signataires de la charte BBCA et nos projets visent systématiquement les seuils RE2020 2028 – c’est-à-dire un coup d’avance sur la réglementation à 2 ans près.
Pour l’acheteur, qu’est-ce que ça change concrètement ?
Tout ça, c’est très bien pour la planète. Mais en tant qu’acheteur ou investisseur, qu’est-ce que ça vous apporte directement ?
Des factures énergétiques structurellement plus basses
Un logement bas-carbone est aussi un logement très isolé et très bien conçu thermiquement. Concrètement : 30 à 50 % d’économies sur les factures d’énergie par rapport à un logement RT2012 classique, et jusqu’à 60 à 70 % vs un logement antérieur à 2005. Sur 20 ans, l’écart se chiffre en dizaines de milliers d’euros.
Un confort d’été supérieur
La RE2020 introduit l’indicateur DH (Degrés-Heures d’inconfort), qui mesure le confort thermique en été. Les bâtiments bas-carbone bois et biosourcés sont structurellement plus performants sur ce point : la fibre de bois et le bois massif ont une capacité thermique élevée qui amortit les pics de chaleur. Concrètement, un appartement Holzeo reste à 26 °C quand l’extérieur est à 35 °C, sans climatisation.
Une valeur patrimoniale qui ne décote pas
Avec la loi Climat et Résilience, les logements à mauvais DPE sont progressivement interdits à la location : F en 2025, E en 2028, D en 2034. Un logement DPE A, c’est la garantie de pouvoir louer pendant les 30 prochaines années sans aucune contrainte. À l’inverse, un DPE C ou D acheté aujourd’hui devient un actif à risque de décote dans 10 ans.
Une meilleure qualité de l’air intérieur
Les matériaux biosourcés émettent significativement moins de COV (composés organiques volatils) que les matériaux conventionnels. Le bois régule naturellement l’humidité, ce qui réduit les risques de moisissures. Pour les familles avec enfants ou les personnes sensibles, c’est un bénéfice direct au quotidien.
Les pièges et fausses promesses du « bas-carbone »
Le sujet est devenu tellement à la mode que le risque de greenwashing est réel. Voici les signaux à observer pour distinguer le vrai du marketing.
« Bas-carbone » sans label ni chiffres
Si un promoteur revendique un projet « bas-carbone » sans citer ni le seuil Ic atteint, ni un label tiers (BBCA, BiodiverCity), ni une certification environnementale, c’est probablement vide. Demandez systématiquement la valeur Ic construction en kg CO2/m² SHAB – c’est l’indicateur clé de la RE2020. Sans ce chiffre, pas de discussion sérieuse possible.
Le bois en « façade décorative » qui ne change rien
Un bardage bois extérieur sur une structure béton armé classique, ce n’est pas un bâtiment bas-carbone, c’est un bâtiment béton à l’apparence bois. La différence est colossale en termes d’empreinte carbone. Vérifiez toujours de quoi est faite la structure porteuse (planchers, murs porteurs) – c’est là que se joue 80 % de l’empreinte carbone construction.
L’effet rebond du sur-équipement
Un logement bas-carbone très isolé peut se faire annuler par un comportement utilisateur surconsommateur : climatisation systématique, chauffage à 23 °C, équipements électroniques permanents. La performance carbone d’un bâtiment dépend en partie de la sobriété d’usage. Le label BBCA prend ça en compte, la RE2020 moins.
Le bois « exotique » ou venu de loin
Un bois venu de Sibérie, du Canada ou d’Asie du Sud-Est cumule deux problèmes : le carbone de transport (parfois 30 à 50 % du carbone du matériau lui-même) et l’incertitude sur la gestion forestière (déforestation primaire dans certains pays). Privilégiez les bois français ou européens certifiés PEFC/FSC, idéalement issus de massifs proches du chantier.
Les compensations carbone « neutralisantes »
Un bâtiment qui revendique la « neutralité carbone » via achat de crédits compensatoires (plantation d’arbres ailleurs) n’est pas réellement bas-carbone : il a juste payé pour rééquilibrer ailleurs. La compensation est un dernier recours, jamais un substitut à la réduction effective des émissions à la source.
Questions fréquentes sur la construction bas-carbone
Qu’est-ce qu’un bâtiment bas-carbone ?
Un bâtiment bas-carbone est un bâtiment dont l’empreinte carbone a été optimisée sur l’intégralité de son cycle de vie – de l’extraction des matières premières à sa déconstruction, en passant par 50 ans d’exploitation. Il se mesure en kg de CO2 équivalent par m² de surface habitable, via l’indicateur Ic construction de la RE2020. Le label BBCA évalue ces bâtiments sur 4 piliers : construction, exploitation, stockage carbone et économie circulaire.
Qu’est-ce qu’un projet bas-carbone ?
Un projet de construction bas-carbone est un projet qui combine plusieurs leviers pour réduire son empreinte carbone : matériaux biosourcés (bois, chanvre, paille, ouate de cellulose), structure bois ou béton bas-carbone, conception bioclimatique (orientation, masse thermique), énergies renouvelables en exploitation et économie circulaire (déconstructibilité). Aucun de ces leviers ne suffit seul – c’est leur cumul qui fait passer un projet de « RE2020 minimum » à vraiment bas-carbone.
Quels sont les 4 piliers du bâtiment bas-carbone ?
Selon le label BBCA, les 4 piliers sont : 1/ Construction (émissions des matériaux et du chantier), 2/ Exploitation (énergie consommée sur 50 ans), 3/ Stockage carbone (CO2 séquestré dans les matériaux biosourcés comme le bois), 4/ Économie circulaire (réutilisation, recyclage, déconstructibilité). Un bâtiment réellement bas-carbone joue sur les quatre, pas sur un seul.
La RE2020, c’est obligatoire pour qui ?
La RE2020 s’applique depuis le 1er janvier 2022 à tous les logements neufs (maisons individuelles et collectifs). Elle a été étendue en 2023 aux bureaux et bâtiments d’enseignement. Avec le décret n° 2026-16 du 15 janvier 2026, elle s’étend depuis le 1er mai 2026 à 13 nouvelles catégories de bâtiments tertiaires et industriels (commerces, hôtels, restaurants, gymnases, locaux d’activité). Quasi tous les permis de construire neufs en France sont désormais soumis à des exigences carbone chiffrées.
Le bois est-il vraiment bas-carbone ?
Oui, à condition qu’il soit issu d’une forêt gérée durablement (certifications PEFC ou FSC) et idéalement d’une filière courte. Le bois cumule trois avantages que peu de matériaux offrent : faible énergie de transformation, stockage carbone (1 m³ stocke ~1 tonne de CO2), ressource renouvelable. Sur un même immeuble, une structure ossature bois permet typiquement de diviser par 2 l’empreinte carbone construction par rapport à un équivalent béton armé.
Combien de CO2 stocke un bâtiment en bois ?
L’ordre de grandeur est environ 0,9 à 1 tonne de CO2 par mètre cube de bois utilisé en structure, selon l’essence et la densité (source CODIFAB). Sur un programme typique de logements collectifs Holzeo qui utilise 250 à 400 m³ de bois en structure, ce sont 220 à 360 tonnes de CO2 stockées dans le bâtiment lui-même pendant toute sa durée de vie. Aucun matériau minéral ne fait ça.
Comment savoir si un logement neuf est vraiment bas-carbone ?
Trois éléments à vérifier auprès du promoteur : 1/ La valeur Ic construction en kg CO2 eq/m² SHAB – c’est l’indicateur réglementaire RE2020. 2/ La nature de la structure porteuse (bois, béton bas-carbone ou béton classique). 3/ La présence d’un label tiers (BBCA, BiodiverCity, NF Habitat HQE Bas Carbone). Sans ces trois informations, la mention « bas-carbone » reste du marketing.
Envie d’investir dans un programme neuf bas-carbone en Haute-Savoie ?
Holzeo est promoteur-constructeur bois en Haute-Savoie. Tous nos programmes sont conçus en ossature bois avec isolation biosourcée, viseront systématiquement les seuils RE2020 2028 et stockent plusieurs centaines de tonnes de CO2 dans leurs murs. Contactez-nous pour découvrir les opportunités d’investissement actuellement disponibles dans la région.
Bas-carbone : une exigence qui devient la norme
Construire bas-carbone, ce n’est plus un argument marketing. C’est une exigence réglementaire dont les seuils se durcissent trois fois d’ici 2031, et qui va éliminer progressivement les projets qui n’ont pas anticipé.
Derrière le terme, il y a une méthode précise (l’analyse de cycle de vie sur 50 ans), des leviers concrets (matériaux biosourcés, conception bioclimatique, économie circulaire) et des chiffres opposables (l’indicateur Ic construction, en kg CO2 eq/m²). Le bois – et particulièrement les solutions ossature bois et lamellé-collé – est le matériau-clé de cette transition, parce qu’il est le seul à combiner faible empreinte de production, stockage carbone et performance structurelle.
Chez Holzeo, nous construisons depuis le départ avec ces principes. Pas parce que c’est devenu obligatoire, mais parce que c’est la seule manière sérieuse de bâtir aujourd’hui en Haute-Savoie. Un investissement immobilier en 2026 qui ne tient pas compte du carbone est un actif qui se déprécie.
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Article rédigé par l’équipe Holzeo – promoteur-constructeur bois en Haute-Savoie, spécialiste des programmes neufs bas-carbone en ossature bois pour le Grand Genève.


